{"id":245,"date":"2019-07-10T16:46:12","date_gmt":"2019-07-10T14:46:12","guid":{"rendered":"http:\/\/jacquesreverchon.fr\/?p=245"},"modified":"2019-10-10T11:58:32","modified_gmt":"2019-10-10T09:58:32","slug":"preface-georges-peyronnet-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jacquesreverchon.fr\/index.php\/2019\/07\/10\/preface-georges-peyronnet-2\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9face Laure Beaumont Maillet"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0La peinture est un besoin pour moi&#8230;J&#8217;ai toujours voulu \u00eatre peintre&#8230;Mes influences\u00a0? Rembrandt surtout, pour son trait _ Goya et Greco. La peinture toute nue&#8230;L\u2019Espagne m&#8217;a ouvert les portes de la peinture\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ainsi Jacques Reverchon professait-il son amour pour la peinture dans une lettre adress\u00e9e \u00e0 son ami, le critique d&#8217;art Pierre Cabanne, en f\u00e9vrier 1960. C&#8217;est pourtant essentiellement comme graveur qu&#8217;il atteignit la notori\u00e9t\u00e9 et passa \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Paris le 15 septembre 1921, il entra \u00e0 l&#8217;\u00c9cole des Beaux-Arts et fut logiste \u00e0 l&#8217;Acad\u00e9mie de France \u00e0 Rome de 1949 \u00e0 1951. L&#8217;ann\u00e9e suivante, il obtint deux distinctions essentielles en gravure : un second prix de Rome, et le prix de la fondation Florence Bumenthal. Il fut ensuite pensionnaire ti la Casa Velasquez, ce qui lui permit de conna\u00eetre l&#8217;Espagne dont l\u2019influence le marqua \u00e0 jamais. Devenu professeur de dessin et de gravure, principalement \u00e0 L&#8217;\u00c9cole des Beaux-Arts de Tourcoing, o\u00f9 il arriva en 1962, il mourut pr\u00e9matur\u00e9ment \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de quarante ans, le 21 mai 1968, terrass\u00e9 par un malaise alors qu&#8217;il s&#8217;appr\u00eatait, en proie \u00e0 un profond d\u00e9sarroi, \u00e0 regagner Paris, laissant derri\u00e8re lui l&#8217;atelier qu&#8217;avaient d\u00e9sert\u00e9 ses \u00e9l\u00e8ves, emport\u00e9s par le tourbillon de la r\u00e9volte estudiantine.<\/p>\n<p>Il est toujours douloureux de voir dispara\u00eetre trop t\u00f4t un artiste, mais le sentiment frustrant d&#8217;une promesse non tenue est contrebalanc\u00e9 par l\u2019id\u00e9e qu&#8217;il restera toujours jeune et en totale possession de ses facult\u00e9s de d\u00e9couverte, de perfectionnement, d&#8217;\u00e9merveillement. Sa puissance d&#8217;expression \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 parvenue \u00e0 maturit\u00e9, et l&#8217;\u0153uvre grav\u00e9 qu&#8217;il laisse est consid\u00e9rable.<\/p>\n<p>Personnalit\u00e9 riche par sa rare dimension humaine et la diversit\u00e9 de ses dons, il \u00e9tait anim\u00e9 d&#8217;une foi invincible comme artiste et comme croyant. Heureux de vivre et de cr\u00e9er, sur le papier, la toile, le cuivre ou la pierre, il s&#8217;int\u00e9ressait \u00e0 tous les sujets, mais le meilleur de son travail lui a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par l&#8217;Espagne, terre farouche dont ses eaux fortes rendent \u00e0 merveille les contrastes violents entre l&#8217;ombre et la lumi\u00e8re, expriment si bien la nature alti\u00e8re et fervente. Il \u00e9tait \u00e9galement sensible aux paysages nordiques, passait ais\u00e9ment d&#8217;un th\u00e8me \u00e0 un autre et menait souvent de front plusieurs travaux. Nous ne saurions non plus oublier ses estampes de caract\u00e8re religieux, sur le th\u00e8me de la Passion du Christ.<\/p>\n<p>Jacques Reverchon n&#8217;avait pas choisi la facilit\u00e9, et son \u0153uvre grav\u00e9, quelle que soit la technique (taille-douce, eau-forte, ou lithographie) est tout entier contenu dans le myst\u00e8re superbe et tragique du noir et blanc. Sa gravure est nerveuse, forte et noble, et il y a dans son travail quelque chose de la rigueur et de la spiritualit\u00e9 d&#8217;un Michel Ciry. De la gravure, technique \u00e2pre et pure, il disait qu&#8217;elle est \u00ab la goutte d&#8217;eau qui rince l&#8217;\u0153il\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>D\u00e8s novembre 1952, Jacques Reverchon avait fait don au cabinet des estampes, conservatoire des arts graphiques depuis le XVIIe si\u00e8cle, de quatre gravures. Il d\u00e9posa r\u00e9guli\u00e8rement jusqu&#8217;en 1964, et au jour de sa disparition la Biblioth\u00e8que nationale poss\u00e9dait trente feuilles. Il avait pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 son intention un ensemble de deux cent vingt sept estampes, qu&#8217;apr\u00e8s sa disparition, selon le v\u0153u qu&#8217;il avait formellement exprim\u00e9, il revint \u00e0 ses parents de venir offrir en 1973 au d\u00e9partement, alors dirig\u00e9 par Jean Adh\u00e9mar.<\/p>\n<p>Que la famille de Jacques Reverchon veuille bien trouver, dans ces quelques lignes en guise de pr\u00e9face au catalogue raisonn\u00e9 de son \u0153uvre grav\u00e9, l&#8217;expression de notre reconnaissance.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Laure Beaumont-Maillet<\/p>\n<p>Directeur du d\u00e9partement des Estampes et de la photographie de la Biblioth\u00e8que Nationale<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0La peinture est un besoin pour moi&#8230;J&#8217;ai toujours voulu \u00eatre peintre&#8230;Mes influences\u00a0? Rembrandt surtout, pour son trait _ Goya et Greco. 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